2012

Tout au Bord - de Laetitia Mazzoleni

en collaborations avec le Pré des Arts (Mairie de Valbonne Sophia Antipolis), la Fabrik' Théâtre (Avignon), Théâtres en Dracénie (Draguignan), le Théâtre des Carmes – André Benedetto (Avignon) et le Théâtre des Halles (Avignon)

- les 13 et 14 avril 2012 à 20h30 et le 15 avril 2012 à 16h au Théâtre des Halles – AVIGNON

avec le soutien du Conseil Régional PACA, du Conseil Général de Vaucluse et de la ville d'Avignon
avec l'aide de l'ISTS et de Scénic France Réalisation

conception Compagnie On est pas là pour se faire engueuler
avec Laetitia Mazzoleni et Noam Cadestin
création lumière Sébastien Piron
vidéo Guillaume Sarrouy
musique originale Sebum
décor Jeannine Terha et Alexis Rostai
costume Sophie Mangin

Sur fond de rejet de l'autre, dans la noirceur de la nuit, la rencontre d'un homme et d'une femme. Elle sait qu'elle ne doit pas le croire, qu'il faut se méfier de lui mais quelque chose de plus fort la pousse vers lui. Il est le mal, elle va l'aider dans sa fuite, ils seront à jamais liés dans l'horreur.

Tout au Bord est une rencontre. Un homme et une femme qui n'auraient jamais du se connaitre. Lui est déraciné, depuis la naissance. Il va de ville en ville, un sac sur le dos, comme bon il lui semble. Un marginal, comme disent les gens, quelqu'un dont on doit se méfier. Elle n'est jamais sortie de son village. Un bonne éducation, stricte, pour en faire un bonne épouse et une bonne mère de famille. Tout était bien réglé, sauf qu'elle ne veut pas de tout ça. Elle sent qu'elle existe pour autre chose, qu'elle peut vivre autre chose. Alors bien sûr quand cet homme que tout le monde fuit s'installe dans son village, elle saute sur l'occasion: c'est lui qui va l'aider à fuir.
Mais ce soir là, alors que tout le monde est sorti dans la rue pour voir une l'éclipse, alors que la lumière baisse pour ne laisser que le fin halo aveuglant du soleil, dans le froid et le désordre de la rue, un enfant disparait. C'est forcément l'autre, le paria, le errant. Et quand les disparitions se multiplient, la colère et la peur des villageois montent.
Sur fond de thriller lent et douloureux, la rencontre macabre de deux être que tout opposait.

Tout au Bord est un projet fleuve. Un concept total qui inclut l'écriture d'un texte, la fabrication d'une installation scénique en quadri-frontalité, la réalisation de personnages numériques qui communiquent avec les personnages sur scène, la création d'une bande son originale et bien entendu au final la création d'un spectacle aux frontières des arts scéniques. Le spectacle est également précédé d'une expo photo présentant la vision du personnage masculin de l'histoire. Une mise en ambiance pour le spectateur.
C'est un travail de 18 mois qui a débuté fin 2010. Chaque cession de répétitions a été axé sur un des pendants artistiques utilisés et s'est terminé par la présentation d'un Opus, vision partielle du travail en cours. Ont déjà été présentés Opus 1 – la lecture après un travail autour du texte, Opus 2 – l'installation qui présentait une performance numérique du spectacle (installation vidéo et sonore, expo photo) et Opus 3 – laboratory in progress, une forme expérimentale qui mêle le jeu de l'acteur à un univers numérique fort.

extrait:
- J'ai toujours su que quelque chose manquait à mon existence. Un "je-ne-sais-quoi" qui fait qu'après ça rayonne. Alors voilà, là, c'est là que tout commence. Ma vie. Je n'étais rien, avant. Je n'étais pas, avant.
- Après moi il n'y a rien. Jamais. C'est ce qu'on m'a toujours dit. J'ai toujours cette ombre qui plane au-dessus de ma tête et qui pèse. Je suis un « errant ». Je vais là où mes pieds me guident, je suis « l'autre » pour tous les gens que je croise, l'étranger. Partout où je passe les gens me dévisagent, à mon départ ils ne peuvent plus vraiment dire à quoi je ressemblais mais une chose est sûre, je n'étais pas d'ici. Mais je n'ai pas d'ici, ni d'ailleurs, je suis de nulle part sans attache et sans maitre et j'ai mal à la tête. Je suis fatigué. Il faut que je dorme un peu. "Demain te montrera le jour avec d'autres yeux encore." Regardez-moi, vous ne m'avez jamais vu autrement.