2010
Les règles du savoir-vivre dans la société moderne - d'après Jean-Luc Lagarce
- 30 avril et 1er mai 2010 au Théâtre du Balcon - AVIGNON
avec le soutien du Conseil Régional PACA, du Conseil Général de Vaucluse et de la ville d'Avignon

avec Laetitia Mazzoleni
mise en scène et scénographie Noam Cadestin
création lumière Sébastien Piron

La naissance d'un enfant, la délivrance pour la mère, est un moment merveilleux. A cette minute, le monde s'arrête pour les heureux parents qui comprennent la charge qui leur revient dans les bons et les mauvais moments...
Pour ce petit être c'est là que commencent les épreuves... A tout moment de sa vie, il sera confronté aux règles de savoir-vivre qui devront le guider dans sa recherche du bonheur. Que ce soit lors de son enfance, ses fiançailles, son mariage ou sa cérémonie mortuaire, il devra s'adapter aux convenances de notre belle société. Il passera par tous les états, du rire euphorique à la consternation la plus béante devant les rigueurs impitoyable de la bienséance.

En moins de vingt-cinq ans, Jean-Luc Lagarce a écrit 25 pièces de théâtre. Si certaines furent éditées en tapuscrit par Théâtre Ouvert (Paris) ou mises en voix pour la radio, seules quelques unes furent montées de son vivant par d'autres metteurs en scène. De ses premiers textes inspirés du théâtre de l'Absurde à l'ultime pièce, "Le Pays lointain", Jean-Luc Lagarce n'a cessé de creuser le sillon d'une écriture théâtrale de son temps. Ce texte que l'auteur a écrit environ un an avant sa mort sonne comme le bilan qu'il tire de ses nombreuses années passées au contact de notre société. A travers ces règles de vie, il suit tout au long de la pièce un être de sa naissance à sa mort en prenant bien soin de lui signifier ce à quoi il doit se plier. Les règles de la bienséance en vigueur depuis des siècles se heurtent à la réalité de notre société moderne. On pourrait croire que le décalage soit un gouffre mais en fait il n'en est rien... Jean-Luc Lagarce se veut taquin, appuyant là où ça fait mal, avec beaucoup de recul et surtout une bonne dose d'humour (très souvent noir !) Le parallèle avec de nombreuses coutumes des différentes communautés actuelles sont saisissantes et l'on comprend rapidement que l'on peut, après avoir entendu ce texte, débattre de nombreux sujets de notre société actuelle. Question : les règles du savoir vivre de notre société (passée, présente ou à venir) seraient-elles un canevas ou plutôt un carcan ? A vous de venir vous faire votre propre opinion à travers ce voyage qui vous évoquera, j'en suis sûr, une part de votre propre vécu. | | extrait: On célèbre les noces d'or après cinquante années d'heureuse union. N'aurait-elle pas été heureuse‚ cinquante années‚ on célèbre tout de même. Le temps a couronné les époux que nous avons vus‚ une première fois‚ rayonnants de jeunesse et de bonheur ; puis‚ une autre fois‚ pleins de maturité et de force‚ entourés d'amour‚ de respect‚ d'estime‚ ayant lutté‚ ayant souffert‚ car lutte et souffrance et le contraire qui m'étonnerait‚ mais heureux car ils s'aiment comme au premier jour‚ mieux peut-être. Bien des douleurs les ont visités‚ leurs enfants sont partis‚ pour fonder‚ à leur tour‚ d'heureuses familles. D'autres sont morts‚ déjà‚ logique‚ probable. Ils sont seuls‚ comme au commencement de leur vie à deux et ils se serrent l'un contre l'autre pour se tenir lieu de tout. Leurs fils et leurs filles – ceux qui ne les ont pas devancés là-haut – accourent autour d'eux‚ avec les enfants de leurs enfants ; trois générations au moins les entourent. La fête est la même que celle des noces d'argent. Mais avec une intimité plus grande‚ pour ménager les héros du jour‚ car ils le sont‚ dont la vie est devenue fragile. On prend garde à ne pas transformer ce jour de fête en jour de deuil. Chacun leur a apporté son présent‚ jusqu'à l'arrière-petit-fils de deux mois‚ qui tient une fleur‚ pour eux‚ entre ses petits doigts inconscients. Le grand repas est suivi d'un bal ou d'une sauterie. Les deux aïeuls l'ouvrent avec deux de leurs petits-enfants s'ils peuvent. S'ils ne peuvent pas danser‚ ils regardent. C'est bien. La fête ne se prolonge jamais au-delà de minuit. Alors‚ laissés à eux-mêmes‚ abandonnés‚ car abandon‚ on ne va pas se raconter d'histoire‚ les vieux époux tombent dans les bras l'un de l'autre‚ et se promettent que‚ s'ils recommençaient la vie‚ ils se choisiraient encore‚ des choses comme cela qu'on dit et qu'on croit
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